Création d’entreprise : le guide complet — statuts, démarches, coûts
Micro-entreprise, SASU, SARL, EURL, SAS, SCI ou holding : comparez les statuts juridiques, les démarches au guichet unique INPI et les coûts réels de création. Puis choisissez votre voie : seul, via une plateforme juridique en ligne, ou accompagné d’un professionnel.
Bon à savoir : avec l’ACRE, vous pouvez être exonéré d’une partie de vos cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d’activité. Découvrez toutes les aides à la création d’entreprise.
Quel statut pour votre entreprise ?
Chaque forme juridique a ses règles, ses coûts et sa fiscalité. Accédez au guide détaillé de chaque statut.
Le statut simplifié pour tester une activité ou générer un revenu d’appoint. Création gratuite, comptabilité allégée.
La société unipersonnelle qui protège votre patrimoine, avec un président au régime assimilé salarié.
La SARL à associé unique : cotisations sociales allégées pour l’indépendant, cadre juridique éprouvé.
La forme classique pour entreprendre à plusieurs ou en famille, de 2 à 100 associés.
La société souple par excellence : statuts sur mesure, entrée d’investisseurs facilitée, croissance.
La société civile immobilière pour acheter, gérer et transmettre un patrimoine immobilier, souvent en famille.
La société mère pour structurer plusieurs activités, optimiser la fiscalité des dividendes et préparer une transmission.
ACRE, ARCE, aides régionales : tous les dispositifs pour financer et alléger votre lancement.
Comparatif des statuts juridiques en un coup d’œil
Le choix du statut détermine votre protection patrimoniale, votre régime social et votre fiscalité. Voici l’essentiel :
| Statut | Associés | Responsabilité | Régime social du dirigeant | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | 1 (entreprise individuelle) | Patrimoine personnel protégé de plein droit depuis 2022 | Travailleur indépendant, régime micro-social | Tester une activité, revenu d’appoint |
| EURL | 1 | Limitée aux apports | Travailleur non salarié (TNS) | Indépendant qui optimise ses cotisations |
| SASU | 1 | Limitée aux apports | Assimilé salarié | Protection sociale forte, politique de dividendes |
| SARL | 2 à 100 | Limitée aux apports | TNS si gérant majoritaire | Projet familial ou entre associés |
| SAS | 2 et plus | Limitée aux apports | Assimilé salarié | Croissance, levée de fonds, pactes d’associés |
| SCI | 2 et plus | Indéfinie mais non solidaire, à proportion des parts | Selon l’activité du gérant | Gérer et transmettre un patrimoine immobilier |
💡 La question qui tranche le plus souvent : seul et priorité aux cotisations basses → EURL ou micro-entreprise ; seul et priorité à la protection sociale et aux dividendes → SASU ; à plusieurs → SARL (cadre sécurisé) ou SAS (souplesse).
Créer son entreprise en 3 grandes étapes
Depuis 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI. Voici le parcours type.
Choisissez votre statut
Comparez les formes juridiques selon votre situation : seul ou à plusieurs, protection sociale souhaitée, fiscalité. Nos guides par statut vous aident à trancher.
Préparez le dossier
Rédaction des statuts, dépôt du capital social en banque, publication de l’annonce légale. C’est l’étape où une plateforme ou un professionnel sécurise tout.
Immatriculez votre société
Dépôt du dossier complet au guichet unique INPI. Vous recevez votre SIREN et votre extrait Kbis sous quelques jours : votre entreprise existe.
Seul, en ligne ou accompagné : quelle voie choisir ?
Trois façons de créer votre entreprise, trois niveaux de prix et de sécurité juridique.
Seul, via le guichet unique
0 € de prestation (hors frais légaux). Vous rédigez vos statuts et déposez le dossier vous-même sur le portail de l’INPI.
- ✓Le moins cher
- ✓Adapté à la micro-entreprise
- ✗Statuts rédigés sans filet
- ✗Risque de rejet du dossier
Plateforme juridique en ligne
129 € à 299 € selon la forme sociale. Statuts générés et vérifiés, formalités gérées de bout en bout, délais courts.
- ✓Meilleur rapport qualité-prix
- ✓Rapide : dossier déposé en 24-48h
- ✓Sécurité juridique des statuts types
- ✗Moins adapté aux montages complexes
Expert-comptable ou avocat
500 € à 1 500 €. Conseil sur mesure : choix du statut, pacte d’associés, apports en nature, holding, optimisation fiscale.
- ✓Sur-mesure et conseil global
- ✓Indispensable pour les montages complexes
- ✗Le plus coûteux
- ✗Délais plus longs
Combien coûte la création d’une entreprise ?
Deux composantes : les frais légaux incontournables (annonce légale au tarif forfaitaire fixé par arrêté, frais de greffe) et le coût de l’accompagnement éventuel. Fourchettes constatées :
| Statut | Frais légaux incontournables | + Plateforme en ligne | + Expert-comptable / avocat |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | 0 € | 0 € à 79 € | Rarement justifié |
| EURL / SARL | ≈ 180 € à 240 € | 129 € à 249 € | 500 € à 1 200 € |
| SASU / SAS | ≈ 230 € à 300 € | 129 € à 299 € | 600 € à 1 500 € |
| SCI | ≈ 250 € à 320 € | 149 € à 349 € | 800 € à 1 500 € |
| Holding | ≈ 230 € à 300 € | 199 € à 399 € | 1 000 € à 3 000 € |
💡 Astuce : le capital social minimum est de 1 € pour la SASU, la SAS, la SARL et l’EURL — mais un capital trop faible fragilise votre crédibilité bancaire. Prévoyez un montant cohérent avec votre activité.
Tout savoir sur la création d’entreprise
Les 6 étapes détaillées de la création
1. Validez votre projet : étude de marché légère, prévisionnel simple, choix du nom (vérifiez sa disponibilité auprès de l’INPI). 2. Choisissez votre statut juridique selon les critères ci-dessus. 3. Rédigez les statuts — l’acte fondateur qui fixe les règles du jeu entre associés. 4. Déposez le capital social sur un compte bloqué (banque ou notaire) et obtenez l’attestation de dépôt. 5. Publiez l’annonce légale dans un support habilité de votre département. 6. Immatriculez votre entreprise au guichet unique : vous recevez votre SIREN, puis votre extrait Kbis.
Le guichet unique INPI : le passage obligé
Depuis le 1er janvier 2023, le guichet unique des formalités d’entreprises, opéré par l’INPI, remplace les anciens CFE. Toutes les créations, modifications et cessations d’entreprises passent par le portail officiel procedures.inpi.fr, quelle que soit la forme juridique. Le dossier est ensuite transmis aux organismes compétents (greffe, INSEE, services fiscaux, URSSAF). En cas de pièce manquante, le dossier est rejeté et le délai repart — c’est la première cause de retard pour les créateurs qui se lancent seuls.
Micro-entreprise ou société : le premier arbitrage
La micro-entreprise séduit par sa gratuité et sa simplicité : pas de statuts, pas de capital, comptabilité réduite au livre des recettes. En contrepartie : des plafonds de chiffre d’affaires stricts, pas de déduction des charges réelles et une crédibilité parfois moindre face aux grands comptes. Passer en société (SASU, EURL) devient pertinent quand votre chiffre d’affaires approche les plafonds, que vos charges réelles sont élevées ou que vous voulez vous verser des dividendes. Notre guide micro-entreprise détaille les seuils en vigueur et le point de bascule.
SASU ou EURL : le duel des créateurs solos
C’est l’hésitation la plus fréquente. En SASU, le président est assimilé salarié : protection sociale complète (hors chômage), cotisations plus élevées sur la rémunération, mais dividendes non soumis aux cotisations sociales. En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié : cotisations réduites d’environ un tiers, protection sociale plus légère, dividendes au-delà de 10 % du capital soumis à cotisations. Le bon choix dépend de votre stratégie de rémunération — nos deux guides déroulent les simulations.
Les aides à la création : ne laissez pas d’argent sur la table
L’ACRE exonère partiellement de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois, sous conditions. L’ARCE permet aux demandeurs d’emploi de percevoir 60 % de leurs droits restants au chômage sous forme de capital, en deux versements. S’y ajoutent les aides régionales, les prêts d’honneur et les dispositifs sectoriels. Le détail complet, les conditions et les pièges à éviter sont dans notre guide des aides à la création d’entreprise. Le portail officiel entreprendre.service-public.fr recense également l’ensemble des dispositifs publics.
Quels délais pour créer son entreprise ?
Une micro-entreprise se déclare en une vingtaine de minutes ; le SIREN arrive sous 1 à 4 semaines selon les périodes. Pour une société, comptez 24 à 48 h pour constituer le dossier via une plateforme (quelques jours à quelques semaines seul), puis quelques jours ouvrés entre le dépôt au guichet unique et la réception du Kbis, si le dossier est complet du premier coup.
Et après l’immatriculation ?
Trois réflexes immédiats : ouvrir le compte bancaire professionnel définitif (débloque le capital), souscrire les assurances professionnelles adaptées — responsabilité civile professionnelle, voire décennale selon l’activité — et mettre en place la comptabilité (obligatoire en société). Pensez aussi à la protection juridique professionnelle pour couvrir vos futurs litiges : comparez les offres dès le lancement, c’est le moment où elle coûte le moins cher.
Questions fréquentes sur la création d’entreprise
Les réponses aux interrogations les plus courantes des créateurs.
Combien coûte la création d’une entreprise ?
0 € pour une micro-entreprise en direct. Pour une société, comptez environ 180 à 320 € de frais légaux (annonce légale + greffe), auxquels s’ajoute l’accompagnement éventuel : 129 à 349 € via une plateforme en ligne, 500 à 1 500 € avec un professionnel.
Quel est le statut le plus simple pour commencer ?
La micro-entreprise : création gratuite, pas de statuts à rédiger, comptabilité minimale, cotisations calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé. C’est le statut idéal pour tester une activité avant de basculer en société si elle décolle.
Quelle différence entre SASU et EURL ?
Le régime social du dirigeant : assimilé salarié en SASU (protection complète, cotisations élevées), travailleur non salarié en EURL (cotisations réduites, protection plus légère). Le traitement des dividendes diffère aussi : non soumis aux cotisations sociales en SASU, partiellement soumis en EURL.
Peut-on créer une entreprise gratuitement ?
Oui pour la micro-entreprise : la déclaration au guichet unique est gratuite. Non pour une société : l’annonce légale et les frais de greffe sont incontournables (180 à 320 € selon la forme), même en faisant tout soi-même.
Qu’est-ce que le guichet unique ?
Le portail officiel de l’INPI qui centralise toutes les formalités d’entreprises depuis le 1er janvier 2023 : créations, modifications, cessations. Il remplace les anciens CFE et transmet votre dossier au greffe, à l’INSEE, aux impôts et à l’URSSAF.
Quel délai pour obtenir son Kbis ?
Si le dossier est complet, comptez quelques jours ouvrés entre le dépôt au guichet unique et la réception de l’extrait Kbis. Un dossier incomplet est rejeté et le délai repart — d’où l’intérêt d’un accompagnement pour un premier projet.
Ai-je besoin d’un avocat ou d’un expert-comptable ?
Pas pour un projet standard : le guichet unique ou une plateforme en ligne suffisent. Le professionnel devient indispensable pour les montages complexes : holding, pacte d’associés, apports en nature, clauses statutaires sur mesure ou optimisation fiscale.
Quelles aides puis-je obtenir pour créer ?
Les principales : l’ACRE (exonération partielle de cotisations la première année) et l’ARCE (60 % de vos droits au chômage versés en capital), plus les aides régionales et prêts d’honneur. Notre guide des aides détaille conditions et démarches.
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