Créer une SAS : démarches, coûts et statuts — le guide complet

La SAS (société par actions simplifiée) est la forme reine des projets à plusieurs qui veulent du sur-mesure : statuts largement libres, entrée d’investisseurs facilitée, cession d’actions souple. Voici les démarches pas à pas, les coûts réels — et surtout les clauses entre associés qui feront tenir votre projet quand tout ne se passera pas comme prévu.

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La vérité des projets à plusieurs : l’immense majorité des conflits d’associés se règlent par une clause écrite avant le premier désaccord — agrément, préemption, sortie. Voir les clauses qui sauvent les associés.

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Créer sa SAS en 3 étapes

Des statuts au Kbis : le parcours complet, entre associés.

1

Rédigez les statuts, déposez le capital

C’est l’étape décisive en SAS : la loi impose peu, vos statuts décident de presque tout. Déposez ensuite le capital en banque — 50 % minimum libéré à la création, le solde sous 5 ans.

2

Publiez l’annonce légale

L’avis de constitution paraît dans un support habilité de votre département, au tarif forfaitaire. Conservez l’attestation de parution pour le dossier d’immatriculation.

3

Immatriculez au guichet unique

Dépôt du dossier complet sur le portail de l’INPI (procedures.inpi.fr). Vous recevez votre SIREN puis votre Kbis sous quelques jours : votre SAS existe.

SAS : les chiffres clés à connaître

Ce que coûte une SAS — à la création, puis en fonctionnement — et les règles qui gouvernent titres et rémunérations :

Élément Montant ou règle en vigueur
Associés 2 et plus, sans plafond, personnes physiques ou morales (à associé unique, c’est la SASU)
Capital social minimum 1 € — libéré à 50 % minimum à la création, solde sous 5 ans
Frais légaux de création ≈ 230 € à 300 € (annonce légale + greffe)
Accompagnement en ligne 129 € à 299 € (600 € à 1 500 € avec un professionnel)
Impôt sur les sociétés (IS) 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (PME, sous conditions), 25 % au-delà — option IR temporaire possible, 5 exercices maximum
Dividendes Flat tax de 31,4 %, sans cotisations sociales — pour tous les associés
Cotisations sur la rémunération du président ≈ 75 à 80 % du net versé (assimilé salarié, hors chômage) — aucune cotisation sans rémunération
Cession d’actions Droits d’enregistrement de 0,1 % — contre 3 % après abattement pour des parts de SARL

💡 À retenir : en SAS, la loi n’organise presque rien entre associés — ce que vos statuts ne prévoient pas n’existe pas. La liberté statutaire est une force qui se rédige.

Les clauses qui sauvent les associés

Un projet à plusieurs se protège avant le premier désaccord. Voici les clauses essentielles, leur rôle — et où les écrire :

Clause À quoi elle sert Où la loger
Agrément Soumettre toute entrée d’un nouvel associé à l’accord des autres Statuts — opposable à tous
Préemption Donner aux associés la priorité pour racheter les actions à vendre Statuts ou pacte
Inaliénabilité Interdire la revente des actions pendant une durée donnée (10 ans maximum) Statuts
Exclusion / good & bad leaver Organiser le rachat des actions de l’associé qui part — à quel prix selon les circonstances Pacte le plus souvent
Sortie conjointe (drag & tag along) Forcer ou permettre la vente de tous en cas d’offre sur la société Pacte
Non-concurrence Empêcher un associé sortant de recréer la même activité en face Pacte

💡 Statuts ou pacte, la différence qui compte : les statuts sont publics et opposables à tous — une cession qui les viole peut être annulée. Le pacte d’associés est confidentiel, mais sa violation se résout en principe par des dommages-intérêts, pas par l’annulation. D’où la règle : le verrou dans les statuts, la mécanique fine dans le pacte.

SAS : forces et limites du statut

La forme préférée de la croissance — avec les responsabilités de sa liberté.

✅ Ses forces

  • Liberté statutaire quasi totale : gouvernance sur mesure
  • Entrée d’investisseurs facilitée — actions de préférence, BSPCE
  • Cession d’actions souple et faiblement taxée (0,1 %)
  • Président éventuellement personne morale — idéal en groupe
  • Dividendes sans cotisations sociales pour tous les associés

🚫 Ses limites

  • La liberté se rédige : des statuts types à plusieurs sont un pari risqué
  • Cotisations élevées dès qu’une rémunération est versée
  • Pas de gérance TNS possible — contrairement à la SARL
  • Formalisme : registre des mouvements de titres, décisions collectives, dépôt des comptes
  • Pas d’introduction en bourse possible sans transformation en SA

Tout savoir avant de créer sa SAS

Qu’est-ce qu’une SAS exactement ?

La SAS est une société commerciale par actions, réunissant deux associés ou plus — sans plafond, personnes physiques ou morales — dont la responsabilité est limitée aux apports. Un seul organe est imposé par la loi : le président, qui peut être une personne physique ou une personne morale — une holding peut ainsi présider sa filiale, configuration classique des groupes. Pour tout le reste — direction générale, comités, majorités, entrées et sorties d’associés — vos statuts font la loi. C’est ce qui fait de la SAS l’outil des montages sur mesure… et ce qui rend sa rédaction si stratégique.

Pour qui la SAS est-elle le bon choix ?

Quatre profils. Les projets qui lèveront des fonds : c’est la forme que les investisseurs attendent, pour ses actions de préférence et sa souplesse capitalistique. Les associés aux profils inégaux — un opérationnel, un financeur, un minoritaire à protéger — qui ont besoin de règles cousues main plutôt que du prêt-à-porter légal. Les groupes et holdings, grâce au président personne morale. Et les projets qui anticipent des mouvements au capital : arrivées, départs, transmissions — la cession d’actions à 0,1 % change la donne face aux 3 % des parts de SARL. À l’inverse, pour un cadre légal balisé et une gérance TNS économe en cotisations, la SARL reprend l’avantage ; et en solo, direction la SASU — la même société, à un.

Les démarches détaillées — et les pièges

Le parcours suit les six étapes classiques de la création d’entreprise : statuts, dépôt du capital (50 % minimum libéré), annonce légale, guichet unique, Kbis. Les pièges spécifiques à la SAS sont tous statutaires. Le 50/50 sans clause de sortie : l’égalité parfaite fabrique des blocages parfaits — prévoyez un mécanisme de déblocage dès le premier jour. Les statuts types recopiés : à plusieurs, chaque silence statutaire est un futur litige, car la loi ne comblera pas les vides. Et les majorités mal calibrées : qui décide de quoi, à quelle majorité — révocation du président comprise — mérite d’être simulé sur les scénarios qui fâchent avant signature.

Statuts ou pacte d’associés : où écrire quoi

Les deux documents se complètent. Les statuts sont déposés au greffe, publics et opposables à tous : une cession conclue en violation d’une clause statutaire d’agrément peut être annulée. Le pacte d’associés est un contrat confidentiel entre signataires : parfait pour la mécanique sensible — valorisation de sortie, good et bad leaver, non-concurrence, engagements des fondateurs — mais sa violation se résout en principe par des dommages-intérêts, pas par l’annulation de l’opération. La règle d’architecture : les verrous structurants dans les statuts, la mécanique fine et confidentielle dans le pacte. Notre tableau des clauses essentielles répartit les rôles.

Lever des fonds en SAS : pourquoi les investisseurs l’exigent

Trois raisons font de la SAS le standard du capital-risque. Les actions de préférence : droits financiers ou politiques différenciés — priorité de liquidation, dividende prioritaire, siège au comité — impossibles à répliquer proprement en SARL. Les BSPCE et BSA, pour intéresser salariés et partenaires au capital sans les diluer immédiatement. Et la fluidité des opérations : augmentations de capital, entrées et sorties se déroulent dans le cadre défini par vos statuts, sans l’agrément légal systématique de la SARL. Une limite à connaître : la SAS ne peut pas être cotée en bourse — une introduction imposerait la transformation en société anonyme. Pour l’écrasante majorité des parcours, levées comprises, cela ne change rien.

Rémunération du président et dividendes

Le président est assimilé salarié : environ 75 à 80 % de cotisations sur la rémunération nette, protection du régime général hors chômage, et aucune cotisation sans rémunération. Les dividendes, eux, sont soumis à la flat tax sans cotisations sociales, pour tous les associés — c’est l’atout des sociétés par actions face à la règle des 10 % qui frappe les gérants majoritaires de SARL. L’arbitrage salaire/dividendes du dirigeant est déroulé en détail dans notre guide SASU — la mécanique est identique ; à plusieurs s’y ajoute la politique de distribution : qui perçoit quoi, quand, et selon quelle priorité — encore une affaire de statuts.

SAS ou SARL : les trois critères qui tranchent

Le match complet, tableau à l’appui, vit dans notre guide SARL. L’essentiel : souplesse contre cadre — statuts libres en SAS, loi protectrice en SARL ; régime social — assimilé salarié systématique en SAS, gérance majoritaire TNS possible en SARL ; mouvement des titres — actions fluides à 0,1 % contre parts encadrées à 3 %. En un mot : la SAS pour la croissance et les investisseurs, la SARL pour la stabilité et l’optimisation des cotisations.

Après l’immatriculation : les 4 réflexes

1. Ouvrez le compte bancaire professionnel définitif pour débloquer le capital. 2. Souscrivez la RC professionnelle adaptée avant la première mission — comparez les offres dès le lancement. 3. Ouvrez le registre des mouvements de titres : obligatoire en SAS, c’est lui qui fait foi de qui détient quoi — les levées de fonds commencent toujours par son audit. 4. Calez la gouvernance annuelle — approbation des comptes, dépôt au greffe — et gardez un œil sur les seuils du commissaire aux comptes (de l’ordre de 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires ou 50 salariés, deux critères sur trois).

Questions fréquentes sur la SAS

Les réponses aux interrogations les plus courantes des créateurs.

Combien d’associés faut-il pour créer une SAS ?

Deux au minimum, sans plafond — personnes physiques ou morales. Seul ? La même société existe en version unipersonnelle : c’est la SASU, qui devient SAS automatiquement dès qu’un associé vous rejoint.

Quel capital minimum, et faut-il tout verser ?

1 € suffit légalement, avec 50 % minimum libérés à la création et le solde sous 5 ans. Un capital cohérent avec le projet crédibilise la société — et les levées de fonds l’ajusteront de toute façon.

Le président peut-il être une société ?

Oui — c’est une exclusivité des sociétés par actions : le président de SAS peut être une personne morale, typiquement une holding qui préside sa filiale. En SARL, le gérant est obligatoirement une personne physique.

SAS ou SARL : comment trancher ?

SAS pour la souplesse statutaire, les investisseurs et la cession d’actions fluide ; SARL pour le cadre légal balisé et la gérance majoritaire TNS. Le critère décisif est souvent le régime social souhaité du dirigeant.

Statuts ou pacte d’associés : quelle différence ?

Les statuts sont publics et opposables à tous — leur violation peut entraîner la nullité de l’opération. Le pacte est confidentiel, entre signataires, et sa violation se résout en principe par des dommages-intérêts. Le verrou dans les statuts, la mécanique fine dans le pacte.

La cession d’actions de SAS est-elle libre ?

Par principe, oui — avec des droits d’enregistrement de seulement 0,1 %. Mais vos statuts peuvent l’encadrer : agrément, préemption, inaliénabilité temporaire. C’est même vivement recommandé pour contrôler qui entre au capital.

Un commissaire aux comptes est-il obligatoire ?

Seulement au-delà de seuils de taille — de l’ordre de 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires ou 50 salariés, dès que deux critères sur trois sont franchis. La quasi-totalité des SAS en création n’en ont pas besoin.

Une SAS peut-elle entrer en bourse ?

Non — la SAS ne peut pas offrir ses titres au public. Une introduction en bourse imposerait la transformation en société anonyme (SA). Pour les levées de fonds privées, en revanche, elle est le standard du marché.

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