Créer une SASU : démarches, coûts et fiscalité — le guide complet

La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est la société préférée des indépendants qui veulent protéger leur patrimoine, piloter leur rémunération entre salaire et dividendes, et garder la porte ouverte à de futurs associés. Voici les démarches pas à pas, les coûts réels et les arbitrages qui comptent — avec les taux en vigueur, vérifiés.

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Créateur au chômage ? Président de SASU sans vous verser de rémunération, vous conservez l’intégralité de vos allocations ARE pendant que la société encaisse — l’un des grands atouts du statut. Voir toutes les aides à la création.

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Créer sa SASU en 3 étapes

Des statuts au Kbis : le parcours complet, seul ou accompagné.

1

Rédigez les statuts, déposez le capital

Les statuts fixent les règles du jeu — c’est ici qu’une plateforme ou un professionnel sécurise tout. Déposez ensuite le capital en banque (50 % minimum libéré à la création) et obtenez l’attestation.

2

Publiez l’annonce légale

L’avis de constitution paraît dans un support habilité de votre département, au tarif forfaitaire. Conservez l’attestation de parution : elle rejoint le dossier d’immatriculation.

3

Immatriculez au guichet unique

Dépôt du dossier complet sur le portail de l’INPI (procedures.inpi.fr). Vous recevez votre SIREN puis votre Kbis sous quelques jours : votre SASU existe.

SASU : les chiffres clés à connaître

Ce que coûte une SASU — à la création, puis en fonctionnement — et les taux qui gouvernent votre rémunération :

Élément Montant ou règle en vigueur
Capital social minimum 1 € — libéré à 50 % minimum à la création, solde sous 5 ans
Frais légaux de création ≈ 230 € à 300 € (annonce légale + greffe)
Accompagnement en ligne 129 € à 299 € (600 € à 1 500 € avec un professionnel)
Impôt sur les sociétés (IS) 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (PME, sous conditions), 25 % au-delà
Flat tax sur les dividendes (PFU) 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) — option possible pour le barème progressif avec abattement de 40 %
Cotisations sur la rémunération du président ≈ 75 à 80 % de la rémunération nette versée
Assurance chômage Non couverte — le président assimilé salarié ne cotise pas au chômage

💡 À retenir : sans rémunération versée, aucune cotisation sociale n’est due — c’est ce qui permet au président demandeur d’emploi de conserver ses allocations, et à la société de capitaliser sa trésorerie.

SASU ou EURL : le match des créateurs solos

C’est l’hésitation n°1 — et elle se joue sur le régime social et le traitement des dividendes :

Critère SASU EURL
Régime social du dirigeant Assimilé salarié (régime général) Travailleur non salarié (TNS)
Cotisations sur la rémunération ≈ 75 à 80 % du net ≈ 45 % du net
Protection sociale Complète (hors chômage) Plus légère — prévoyance à compléter
Dividendes 100 % à la flat tax, sans cotisations sociales Au-delà de 10 % du capital : soumis aux cotisations TNS
Rémunération à 0 € Aucune cotisation ; maintien intégral de l’ARE Des cotisations minimales restent dues
Esprit du statut Souplesse statutaire, croissance, investisseurs Cadre SARL balisé, cotisations optimisées

💡 La règle simple : priorité à la protection sociale et aux dividendes → SASU. Priorité aux cotisations les plus basses sur une rémunération régulière → EURL. Et pour tester une activité sans société, la micro-entreprise reste imbattable.

SASU : forces et limites du statut

Le couteau suisse des indépendants ambitieux — avec ses contreparties.

✅ Ses forces

  • Patrimoine personnel protégé — responsabilité limitée aux apports
  • Rémunération pilotable : salaire, dividendes, ou rien du tout
  • Protection sociale complète dès qu’un salaire est versé
  • Maintien intégral de l’ARE sans rémunération
  • Passage en SAS automatique en accueillant un associé

🚫 Ses limites

  • Cotisations élevées dès qu’un salaire est versé
  • Comptabilité complète — un expert-comptable est quasi indispensable
  • Formalisme : approbation des comptes, dépôt au greffe, PV de décisions
  • Pas d’assurance chômage sur le mandat de président
  • Coûts de création et de fonctionnement supérieurs à la micro-entreprise

Tout savoir avant de créer sa SASU

Qu’est-ce qu’une SASU exactement ?

La SASU est une SAS à associé unique : une société commerciale dotée de la personnalité morale, dont vous détenez 100 % des actions. Votre responsabilité est limitée à vos apports — votre patrimoine personnel est hors d’atteinte des créanciers de la société, sauf faute de gestion. Elle est dirigée par un président, qui peut être vous-même ou un tiers, et son grand atout est la liberté statutaire : la loi impose peu, les statuts décident de presque tout. C’est une force… à condition qu’ils soient bien rédigés.

Pour qui la SASU est-elle le bon choix ?

Quatre profils y trouvent leur compte. Le freelance à facturation élevée, qui déduit ses charges réelles et arbitre entre salaire et dividendes. Le créateur au chômage, qui préside sans se rémunérer et conserve l’intégralité de son ARE pendant la phase de lancement. L’entrepreneur qui voit grand : la SASU accueille demain des associés ou des investisseurs sans transformation juridique. Et celui qui veut une protection sociale solide — le régime assimilé salarié offre la couverture du régime général, hors chômage. À l’inverse, pour tester une activité à petits frais, la micro-entreprise reste plus simple ; pour minimiser les cotisations sur une rémunération régulière, l’EURL fait mieux.

Les démarches détaillées — et les pièges

Le parcours suit les six étapes classiques de la création d’entreprise : statuts, dépôt du capital (50 % minimum libéré, le solde dans les 5 ans), annonce légale, immatriculation au guichet unique, Kbis. Trois pièges reviennent sans cesse : des statuts types mal adaptés (clauses de cession, pouvoirs du président, affectation du résultat — c’est là que se nichent les litiges futurs) ; un objet social trop étroit, qui obligera à une modification payante au premier pivot ; et un capital purement symbolique — 1 € est légal, mais un capital cohérent avec l’activité rassure banques et clients, et augmente la part de dividendes non soumise à cotisations si vous basculez un jour en EURL.

Salaire ou dividendes : l’arbitrage qui définit la SASU

C’est le vrai jeu du statut. Le salaire : cotisations élevées (environ 75 à 80 % du net versé), mais protection sociale complète et validation de trimestres de retraite. Les dividendes : aucune cotisation sociale, mais la flat tax s’applique — et son relèvement récent à 31,4 % a rebattu les cartes : l’écart avec le salaire s’est resserré, et les dividendes ne créent aucun droit à la retraite. La stratégie gagnante est souvent mixte : un salaire modéré pour la couverture sociale et les trimestres, le solde en dividendes après IS. Et pour le créateur indemnisé par France Travail : zéro rémunération la première année, maintien de l’ARE, capitalisation de la trésorerie — puis arbitrage une fois les droits épuisés. Chaque situation mérite sa simulation : c’est typiquement la question à poser lors d’un devis d’accompagnement.

La fiscalité de la SASU

Par défaut, la SASU relève de l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles, 25 % au-delà. Une option temporaire pour l’impôt sur le revenu existe (5 exercices maximum, sous conditions de taille et d’âge de la société) — utile quand les premières années sont déficitaires, car les pertes s’imputent sur le revenu du foyer. Côté TVA, la SASU suit les régimes de droit commun : franchise en base sous les seuils, réel simplifié ou normal au-delà.

De la SASU à la SAS : la croissance sans friction

Accueillir un associé ne demande aucune transformation : une cession d’actions ou une augmentation de capital, et votre SASU devient SAS — mêmes statuts, même immatriculation, même Kbis. C’est l’argument décisif face à l’EURL pour les projets à potentiel : levée de fonds, association d’un co-fondateur ou entrée d’un partenaire se font sans refonte juridique. Anticipez simplement dans les statuts les clauses utiles (agrément, préemption, inaliénabilité) tant que vous êtes seul à décider.

Après l’immatriculation : les 4 réflexes

1. Ouvrez le compte bancaire professionnel définitif — il débloque le capital déposé. 2. Souscrivez la RC professionnelle adaptée à votre activité avant la première mission : comparez les offres, c’est au lancement qu’elle coûte le moins cher. 3. Choisissez votre expert-comptable (60 à 150 € par mois en ligne) : non obligatoire légalement, mais la comptabilité d’engagement, la liasse fiscale et la paie du président justifient largement l’investissement. 4. Calez la gouvernance annuelle : approbation des comptes, affectation du résultat, dépôt au greffe — trois formalités à date fixe qui, oubliées, coûtent cher.

Questions fréquentes sur la SASU

Les réponses aux interrogations les plus courantes des créateurs.

Quel capital minimum pour une SASU ?

1 € suffit légalement, avec 50 % minimum libéré à la création et le solde sous 5 ans. En pratique, un capital cohérent avec votre activité (souvent 500 à quelques milliers d’euros) crédibilise la société auprès des banques et des clients.

Puis-je être président sans me verser de salaire ?

Oui, et c’est l’un des grands atouts du statut : sans rémunération, aucune cotisation sociale n’est due, et le président demandeur d’emploi conserve l’intégralité de ses allocations ARE pendant que la société encaisse.

SASU ou EURL : comment trancher ?

Par le régime social : la SASU offre une protection complète (cotisations élevées) et des dividendes sans cotisations sociales ; l’EURL divise presque par deux les cotisations sur la rémunération, avec une protection plus légère. Notre guide EURL déroule le match point par point.

SASU ou micro-entreprise ?

La micro-entreprise pour tester à coût zéro ; la SASU dès que vos charges réelles sont significatives, que vous approchez les plafonds micro, ou que vous voulez piloter salaire et dividendes. Beaucoup de créateurs font l’un puis l’autre.

Quelles charges sur le salaire du président ?

Le président est assimilé salarié : comptez environ 75 à 80 % de cotisations sur la rémunération nette versée, en échange de la couverture du régime général — maladie, retraite, prévoyance — hors assurance chômage.

Comment sont imposés les dividendes de SASU ?

À la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales. L’option pour le barème progressif, avec abattement de 40 %, reste possible et devient intéressante pour les tranches d’imposition basses.

Un expert-comptable est-il obligatoire ?

Non, aucune obligation légale — mais la comptabilité d’engagement, la liasse fiscale, la paie du président et l’approbation annuelle des comptes rendent l’accompagnement quasi incontournable. Les formules en ligne démarrent autour de 60 à 150 € par mois.

Comment passer de SASU à SAS ?

Automatiquement : il suffit d’accueillir un second associé (cession d’actions ou augmentation de capital). Aucune transformation juridique, mêmes statuts, même Kbis — c’est la voie royale pour s’associer ou lever des fonds.

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